Le « repreneuriat » (aussi appelé transfert d’entreprise) est une branche en développement au Québec où un entrepreneur rachète une entreprise existante au lieu d’en créer une nouvelle. Pour des entrepreneurs qui souhaitent s’investir dans une entreprise, mais qui ne veulent pas avoir à naviguer dans le laborieux processus de démarrage, il s’agit là d’une solution en or. Racheter une entreprise déjà mise sur pied leur permet de mettre de l’avant leurs habiletés de gestionnaire et visionnaire sans s’encombrer de la première étape souvent complexe et intimidante qu’est le démarrage.

Mais on se demande souvent ceci : quels sont les avantages de reprendre une entreprise déjà existante au lieu de démarrer la sienne?

Bases préétablies

D’abord, les assises de l’entreprise sont établies et solides; on trouve déjà un produit développé et offert, une clientèle fidélisée, un plan de marketing élaboré, des connexions et un réseau de contact, des possibilités de financement, des employés avec expérience, un certain savoir-faire, etc[1]. À partir de ces fondations, un gestionnaire peut simplement en reprendre les rênes et modifier ou améliorer une formule déjà en place pour en optimiser la production et le rendement. Pour un entrepreneur visionnaire et innovateur, le rachat d’entreprise constitue un terrain de jeu intéressant et stimulant. Certaines personnes aiment gérer, mais pas créer. Avez-vous l’âme d’un gestionnaire?

Reprise familiale

S’il s’agit d’une entreprise familiale, il peut être question de reprendre le flambeau et de perpétuer la tradition de génération en génération. Dans ce cas, il est important de définir comment se partagera la propriété de l’entreprise, à savoir qui occupera quelle fonction et en quelles parts. C’est ici qu’entre en jeu la convention entre actionnaires. Il s’agit d’une formalité légale importante, car cette convention définit les pouvoirs et les règles entre les actionnaires d’une société. En établissant des limites claires et précises et en s’assurant de communiquer de la méthode la plus efficace possible, on évite des malentendus et de potentielles disputes familiales, qui pourraient à la longue causer de sérieux préjudices à une entreprise, voire la mener à sa perte!

Partenariats

Le repreneuriat gagne en popularité auprès de jeunes (et moins jeunes!) qui ont toujours eu le rêve de posséder leur entreprise. Il est de plus en plus courant de voir des partenariats lors de reprise, donc plusieurs personnes qui allient leurs compétences et savoir-faire pour réaliser leurs projets d’affaires. Les plus jeunes générations ont davantage été habitués à travailler en équipe, ce qui peut constituer un précieux atout.

Financement

Alors qu’il s’agit souvent d’un obstacle à plusieurs PME au démarrage, la reprise d’entreprise évite bien des ennuis, car les institutions financières vont être beaucoup plus à l’aise de prêter de l’argent à une entreprise qui a déjà fait ses preuves, qui a des actifs et des employés plutôt qu’à une start-up incertaine[2]. Une start-up comme un nouveau petit café indépendant qui cherche du financement aura davantage à convaincre un prêteur de sa capacité de rembourser son prêt tandis qu’un entrepreneur qui ouvre un nouveau McDonald’s n’aura pas ce problème.

Créativité
Et si un entrepreneur reprend une entreprise, mais a tout de même la fibre créative? Alors que certains croiraient que le fait que l’entreprise ait déjà ses produits et ses services mette un point final à la création, cela n’empêche pas de lancer de nouveaux produits et de développer de nouveaux marchés. Puis, le fait qu’il y ait déjà une marque existante simplifie grandement le processus. Lancer un nouveau produit sous une marque connue réduit le coût d’acquisition d’un client, car celui-ci connait déjà la marque. Toutefois, lancer un nouveau produit de marque inconnue encoure des coûts additionnels, car il faut éduquer et familiariser la clientèle au produit. Bref, les possibilités sont multiples, il suffit de garder l’esprit et l’œil ouverts[3]!

Au Québec, le nombre de repreneurs est passé de 2-3% en 2005 à 21,2% selon les chiffres les plus récents cette année[4]. Cependant, il ne s’agit pas encore d’une tradition bien ancrée dans la société. Les entrepreneurs qui sont déjà sur le marché semblent réticents à vendre leur précieuse entreprise qu’ils ont bâtie de toute pièce. Ils sont hésitants quant à la compétence des jeunes et leur méthodologie et leur système de valeur qui diffère du leur. Avec la vague d’entrepreneurs de la génération des Baby Boomers qui se dirigent vers la retraite, il risque d’y avoir un manque de repreneurs d’ici 2020 et plus tard[5]. Bien que ce manque puisse paraître inquiétant, il s’agit au contraire d’une occasion en or pour les plus jeunes entrepreneurs qui attendent l’occasion et le bon moment pour se lancer en affaires. Il faut rester à l’affut des propriétaires qui veulent mettre la clé sous la porte et soumettre ses idées de reprise. Les possibilités de repreneuriat sont multiples et toutes fort prometteuses. Il suffit d’en parler autour de soi, de rester vigilant et de sauter sur les occasions!

Alors qu’attendez-vous?

[1] https://idees.banquenationale.ca/entrepreneur-lancer-ou-acheter-une-entreprise/

[2] https://idees.banquenationale.ca/avantages-du-repreneuriat/

[3] Idem.

[4] https://idees.banquenationale.ca/avantages-du-repreneuriat/

[5] https://idees.banquenationale.ca/entrepreneur-lancer-ou-acheter-une-entreprise/